Mise au point du Docteur Sebban sur les recommandations de la HAS en 2019

Prise en charge du premier épisode de la bronchiolite aigue chez le nourrisson de moins de 12 mois. Décryptage des nouvelles recommandations de la HAS.

S’il faut saluer la reconnaissance du rôle des Réseaux Bronchiolite dans le parcours de soins des nourrissons à l’occasion de cet important travail de mise à jourpar la HAS et leConseil National Professionnel de Pédiatrie; la non recommandation de la pratique de la kinésithérapie respiratoire en ambulatoire peut laisser perplexe.

Les professionnels de Santé qui composent ces Réseaux (notamment les Masseurs Kinésithérapeutes) voient donc dans le même temps,leurs engagements depuis près de 20 ans au service des familles, soulignés,etles techniques qu’ils proposent, dorénavant non préconisées…Une lecture attentive de ces nouvelles recommandations (dédiées au 1er épisode de bronchiolite) s’impose si l’on souhaite que familles comme médecins prescripteurs ne s’arrêtent pas à l’interprétation immédiate et sans nuance que les médias grand public en ont fait.

Effectivement les techniques de vibrations et de clapping sont contre indiquées! Il aurait été aussi vrai d’ajouter qu’elles ne sont plus pratiquées ni enseignées en France depuis près de 30 ans! Cette omission peut inutilement créer des confusions dans les esprits

Qu’en est-il des techniques d’augmentation de flux(AFE)? En France comme en Suisse [Gajdos et al; Rochat et al] il n’y pas eu de niveau de preuve satisfaisant retrouvé chez les nourrissions hospitalisés et explique la non recommandation chez cette population avec un grade B. Cependant ces études n’ont ciblé que des patients représentant une très faible part de l’effectif des sujets atteints chaque année et leurs résultats ne sont donc pas immédiatement transposables aux nourrissons pris en charge en ambulatoire.

Qu’en déduire pour les nourrissons atteints de formes modérées? La HAS détaille ainsi son argumentaire «L’analyse détaillée de la littérature suggère que certains nourrissons pourraient bénéficier d’une amélioration sous kinésithérapie (Grade C). Un peu plus loin…Des données récentes semblent montrer des améliorations respiratoires transitoires par l’AFE et nécessiteraient l’emploi de critères de jugement plus pertinents que ceux actuellement proposés en ambulatoire : alimentation, qualité de vie du nourrisson, satisfaction des parents, non recours hospitalier, etc.»

Il est ici judicieux de penser que «l’expérience des familles» serait plus à même de retracer l’utilité d’une telle prise en charge tant elle ne peut proposer qu’un abord symptomatique de l’encombrement.

En attendant la non recommandation de la pratique de la kinésithérapie respiratoire en ambulatoire par manque de données probantes ne signifie pas contre-indication.

Gardons à l’esprit qu’au-delà des techniques, certains nourrissons pourront bénéficier du regard sentinelle légitime des kinésithérapeutes et leurs médecins d’un retour d’information sur l’évolution de la maladie de leurs petits patients.

Dr Sydney Sebban. Pédiatre Coordinateur Médical du Réseau Bronchiolite Ile de France